Road trip en Nouvelle Zélande #2 // où je découvre de nouveaux mondes

Cathedral Cove

En automne 2015 je partais un mois à l’aventure en Nouvelle Zélande. Rien de bien planifié, mais la certitude que de belles choses m’attendaient ici et là, peu importe où le vent me porterait* ! Je vous ai parlé ici du coup de foudre que j’ai eu pour la forêt Néo Zélandaise, mais je n’étais pas au bout de mes émotions. Les jours qui ont suivi m’ont amenée à découvrir des lieux tout droit sortis de contes ou du monde des rêves…

*Bon, ça c’est pour faire très très aventurière. En vrai, j’avais tout de même un Rough Guide en poche et demandé conseil à une amie partie quelques temps auparavant, histoire de ne pas louper le truc incroyable qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie (j’en profite pour la remercier !).

NARNIA ? C’EST PAR LÀ !

J’ai quitté la vallée de Kauaeranga avec regret (oui j’ai quitté chaque endroit visité dans le désespoir, les cris et la douleur, un vrai déchirement… mais je m’égare !), le temps m’a manqué pour pouvoir arpenter les fameux Pinacles. Je repars sur la Pacific Coast Highway et m’engouffre plus profondément dans la péninsule de Coromandel, bout de terre né d’une ancienne activité volcanique.

Direction Hahei pour en explorer les environs. Le soleil est de nouveau présent et la côte Pacifique prend une autre dimension. Le sable doré des petites criques qui ponctuent mon parcours et les falaises d’ignimbrite* sont éblouissants. L’océan est turquoise, des rochers aux formes improbables émergent des eaux. La végétation a envahi le moindre centimètre carré de terre qui a réussi à tenir sur ces géants. Je crois que c’est ce qui me fascine le plus ; cette végétation, riche, partout, même en des lieux insoupçonnés !

* Ignimbrite, ça fait un peu « je me la pète ». Et ouais ! En fait, je cherchais en quoi étaient faites ces falaises en me disant naïvement que ce serait un calcaire ou une autre pierre au nom bien commun. Que nenni ! Mais une fois ce mot bizarre trouvé, je ne pouvais que le placer… Désolée. Ah, il s’agit d’une roche d’origine volcanique.

La plus célèbre de ces criques se nomme Cathedral Cove, ou Te Whanganui-A-Hei en Maori (« la grande baie de Hei »). Elle est légendaire et une grande majorité d’entre vous en aura vu des photos… ou plutôt en aura vu une seule image maintes et maintes fois répétée (je ne dérogerai pas à la règle !) et immortalisée dans le film Narnia, le Prince Caspian.

L’arrivée depuis Mares Leg Cove et le passage sous le tunnel de roche patiemment creusé par le va et vient de l’eau vous plongent dans un récit d’aventures. C’est en véritable Indiana Jones que vous vous lancez à la conquête de ce nouveau bout de monde. La voûte naturelle qui a donné son nom à la baie en est l’unique accès terrestre. La perspective est parfaite, le tunnel cadre sur Te Hoho (« le puissant » en Maori), un immense rocher, rescapé des éléments qui se dresse, fièrement, les pieds dans l’eau.

Lorsque j’arrive, le passage n’est pas encore tout à fait formé. L’océan est très calme mais les vagues qui viennent malgré tout s’écraser sur la roche ont le bruit sourd du tonnerre. Les parois reflètent l’eau et semblent se mouvoir elles aussi.

Je reste quelques heures à contempler les paysages qui m’entourent, marcher dans l’eau et me demander combien de temps il faudra à l’océan pour venir à bout de tous ces géants de pierre qui lui résistent depuis tant de temps. Puis il me faut reprendre la route, déjà…

« SACQUET… LA COMTÉ… »

Andrew Adamson n’est pas le seul a avoir trouvé en la Nouvelle Zélande de quoi incarner les mondes imaginés par CS Lewis. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que venir dans ces terres lointaines, c’est à un moment ou à un autre se retrouver dans les décors du Seigneur des Anneaux et du Hobbit. Alors forcément, quand on est fan des romans de Tolkien et qu’on a vu la première trilogie de Peter Jackson au moins 1348 fois (c’est approximatif bien sûr 😉 ) on ne peut que jubiler à l’idée de ce qui nous attend.

Toutefois, la première de mes rencontres avec la Terre du Milieu n’est pas la plus excitante. Je m’explique. C’est Hobbiton que je visite après avoir quitté Coromandel. Hobbiton, c’est le petit nom que le propriétaire des lieux à donné aux décors imaginés pour La Communauté de l’Anneau et Le Retour du Roi. Rares vestiges des différents tournages en Nouvelle Zélande des six blockbusters, ils se situent au beau milieu de pâturages verts et vallonnés – le genre de paysage qui vous fait vous remémorer les illustrations de vos Oui Oui préférés (oui, je parle bien des livres pour enfants !).

C’est un truc à faire pour tout fan de Tolkien (et paraîtrait que même des personnes n’ayant jamais vu ni lu le Seigneur des Anneaux viennent, soit parce qu’ils ont vu de la lumière, soit pour frimer à leur retour – véridique !) mais c’est un vrai attrape touristes ! Pas moins de 75$NZ (soit un cinquantaine d’euros) pour se retrouver dans un site surchargé (et pourtant encore une fois ce n’est pas la haute saison) et dans lequel votre progression est chronométrée de manière quasi militaire, jusqu’aux photos et selfies que tout le monde prend au même endroit…

Les informations sur le tournage sont intéressantes mais rapidement cela tourne aux anecdotes un peu inutiles sur les visiteurs chelous qui se pointent parfois. Au bout d’un quart d’heure, j’avoue que je suis déjà bien moins à l’écoute de notre guide qui doit sortir les mêmes blagues à chaque groupe.

Je furète et prends sciemment du retard histoire de ne pas avoir plus des deux tiers de mes photos envahies par la foule (mais pas trop tout de même car un autre groupe suit de près). Je pense que je suis le type de touriste classé dans la catégorie « plaie », le touriste que l’on risque de perdre à un moment ou à un autre de la visite !

Le site regorge de détails, de petites choses devant lesquelles le guide n’a pas jugé utile de nous laisser nous arrêter mais qui témoignent de l’incroyable perfectionnisme de Jackson. C’est formidable que de tels décors existent encore et soient accessibles. Chaque chose est à sa place, mais bien plus petit qu’il n’y paraît à l’écran ! En traversant le pont qui mène à l’auberge du Dragon Vert, on s’attendrait presque à croiser Gandalf arrivant sur son chariot…

Malgré le côté un peu trop usine à touristes à mon goût, je ne regrette pas cette incursion dans le village de Frodon. Oui… je suis une fan !

UN CIEL ÉTOILÉ À DEUX MÈTRES DE MA TÊTE !

Pas le temps de traîner aux alentours de Matamata, le village a côté duquel se trouve Hobbiton. Je me rends à Waitomo, à une centaine de kilomètres au Sud-Ouest. Waitomo est connue pour ses différentes grottes dans lesquelles plusieurs attractions sont proposées, depuis la visite guidée jusqu’au rafting. Moi, ce que je veux voir, c’est des vers luisants !

Alors je m’en vais au Visitor Centre prendre bien gentiment mon billet où l’on m’annonce que les photos ne sont pas autorisées (déception… mais en cherchant « glowworms cave » dans votre moteur de recherche préféré vous verrez fatalement à quoi je fais allusion !) et me voilà encore une fois au milieu d’un groupe à suivre quelqu’un qui blablate.

Les vers luisants de Nouvelle Zélande ne fonctionnent pas comme ceux que l’on peut (de moins en moins) trouver en France. La lumière sert à attirer les proies potentielles, qui s’accrochent à un petit filament que les larves (puisqu’il s’agit d’elles) font pendouiller. Le principe est le même que la toile d’araignée. Quand une bêbête est capturée, la larve remonte le fil à la manière d’une canne à pêche et se fait une bonne bouffe ! Ça c’est pour la dimension technique de la chose…

La cerise sur le gâteau, ce que tout le monde attend après quelques minutes de marche, reste tout de même le moment où, sur une barque que la guide fait progresser à l’aide de fils tendus le long des parois, on se retrouve à évoluer sous une voûte étoilée ! C’est féérique, à peine croyable ! Des milliers d’insectes qui sont autant de points d’une lumière bleutée sur les parois de la grotte. Des étoiles autour de nous, au-dessus, à quelques mètres et se reflétant dans l’eau.

Le silence est absolu. Nous flottons. Personne ne semble plus même seulement respirer. Je ne suis probablement pas la seule à être émerveillée. La balade aura été bien trop courte…

PETITE INFORMATION UTILE TOUT DE MÊME…

Il est possible de voir des vers luisants gratuitement et tranquillement (peut être en moins grande quantité par contre). Tout d’abord dans la nature, autour des grottes de Waitomo, vous devriez a priori en voir. Il y a de nombreux sentiers dans les environs et certains sont assez faciles pour être arpentés de nuit. Vous pouvez aussi aller vous perdre dans les grottes de Waipu ou – côte Ouest de l’île Sud – à Hokitika (Glowworm Dell). Voilà, pour moi ça s’est mal goupillé, mais je me disais que ça valait le coup d’en parler parce que bizarrement ce ne sont pas les informations que l’on trouve le plus facilement !

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