Un mois en Ecosse #3 // wester ross

Ecosse

Troisième partie de mon voyage en Écosse de juillet 2015 (la semaine précédente est ici !). Il est maintenant temps de reprendre la route. Mon prochain objectif n’est pas loin au sud. Wester Ross est réputée être l’une des régions les plus belles d’Écosse. Nous sommes toujours au nord-ouest, et pour être précise, la région dans laquelle je me trouvais auparavant fait partie de ce Ross Occidental. Mais bien souvent cette dénomination renvoie à sa partie sud, à partir d’Ullapool jusqu’à Kyle of Localsh.

C’est une partie de l’Écosse dont la côte est très découpée. En Norvège ou en Islande il serait question de fjords, ici les bras de mer qui s’engouffrent dans les terres sont des lochs maritimes, à l’instar des Lochs Broom, Gairloch ou Ewe. Les villages y sont dispersés et les paysages, sauvages, combinent rudesse et générosité.

Mon premier objectif – hormis les arrêts improvisés en route – est Merlon Udrigle Bay. Bon, j’ai déjà fait le coup à propos des plages de Harris, je vais donc éviter de refaire toute mauvaise blague au sujet d’îles paradisiaques… Merlon Udrigle Bay est l’une des plages de sable blanc qui ponctuent les côtes nord-ouest de l’Ecosse. L’eau oscille entre le bleu profond et le turquoise. Elle est d’une transparence à couper le souffle. Le top du top, je m’en rends vite compte, c’est que, assise dans ce lieu magique, je fais face à toutes les montagnes que j’ai gravi ou observé la semaine passée : c’est Suilven que je remarque le premier, sa forme est tellement particulière. Partant de là il m’est possible de nommer chacun des sommets que j’ai sous les yeux et je me rends compte à quel point la mer est proche de ces géants de pierre. Ils me manquent déjà…

 

C’est à Gairloch que je vais résider pendant quelques nuits. Cette petite ville éclatée (au petit centre bourg il faut ajouter plusieurs « hameaux ») se situe sur le loch éponyme, bordé d’une magnifique plage depuis laquelle on peut rêver en observant l’île de Skye en attendant quelques cétacés (qui ne viendront pas bien entendu !).

Depuis Gairloch je pourrai aisément vagabonder autour du Loch Maree ou sur la côte. Par ailleurs il y a sur place tout ce qu’il faut pour se réapprovisionner en nourriture, essence, informations, cartes… et la ville possède un petit musée, bonne introduction à la vie sur place, la géologie, la faune… C’est un peu en pagaille mail il y un projet de restructuration. L’ensemble est intéressant et bien utile en cas de pluie…

Il y a quelques montagnes dans le coin, quelques grosses montagnes ! C’est sur Slioch que j’ai en premier lieu jeté mon dévolu. Slioch… Je vous l’accorde, le nom de cette montagne fait peur ; son profil aussi ! Elle trône majestueusement le long du Loch Maree, depuis lequel la complexité de son sommet laisse craindre le pire quant à son ascension ! Un départ non loin de Kinlochewe, un dénivelé positif de plus de 1000 mètres et une dernière partie fortement déconseillée aux personnes sujettes au vertige, grimper cette montagne (facile si on la compare aux autres sommets du Torridon !) est un vrai régal. Au sommet les vues sur Beinn Eighe et le Loch Maree sont majestueuses.

Les jours qui suivent, ponctués d’averses, sont plus calmes. Pas de montagne : les sommets sont dans les nuages… Alors je vadrouille de plain-pied, ce qui est agréable aussi !

En Écosse, il pleut souvent mais rarement toute la journée… sauf que rarement veut bien dire ce que cela veut dire. Après une nuit difficile je pars de Gairloch après avoir empaqueté ma tente sous la pluie et prends la direction d’Applecross, sous la pluie. Ce soir là je vais dormir en auberge de jeunesse… la pluie, le vent, le sommeil auront raison de moi ! D’Applecross je ne verrai pas grand chose sinon des vagues de pluie…

Au vu du temps je ne fais en effet le tour qu’en voiture, histoire de trouver de l’essence (à une pompe communautaire) et de quoi manger (le plus petit magasin dans lequel je sois rentrée !). Je fais aussi un saut à l’Heritage Centre, où je me fais réquisitionner pour…filer de la laine ! Oui, pas de doutes à avoir sur ce que vous venez de lire. J’ai donc appris à peigner, préparer et filer de la laine. Et aux dires de mon instructrice, je suis plutôt douée !

Débute à Applecross l’une des routes les plus célèbres d’Écosse, l’une des plus belles, l’une des rares à avoir été pensée comme nos routes Alpines (en lacets) et la plus haute d’entre elles : Bealach na Bà, le col du bétail en Gaélique.

La route, une « single track road », est longue de 18 km et permet d’atteindre un col à 626 mètres d’altitude après un départ au niveau de la mer. Sur certaines portions, on atteint des pentes à 20%, de quoi s’amuser ! De l’autre côté on débouche sur le Loch Kishorn où l’on peut récupérer l’A896.

Bon autant le dire ici, ce n’est pas parce que la route est étroite et pleine de virages que l’on met du temps à la parcourir…

Le coin, vous l’aurez deviné, est montagneux ! Avec leurs sommets pyramidaux majoritairement gréseux (on foule ici des roches parmi les plus anciennes d’Ecosse !), les montagnes du Torridon sont aisément identifiables. Les chaînes qui ceinturent le Loch éponyme font partie des reliefs emblématiques du Ross Occidental. Imaginez ces murs de pierre tombant à pic dans les lochs et la mer ! Beaucoup de Munros parmi elles, et des ascensions qui ne sont pas réputées faciles. Parmi celles-ci je choisi d’aller me balader sur Beinn Alligin : 10 km, 5 à 7 heures de marche à prévoir, l’ascension de 2 Munros dont le fameux Sgurr Mor et des vues incroyables en perspective (et en théorie !!!)… Ca me plaît !

Lecture du descriptif de la rando : blablabla… some airy scrambling… blablabla… Et oui, on y vient ! Alors c’est quoi, le « scrambling » ? [Roulement de tambours…] Le scrambling, c’est quand le relief ou la nature du terrain vous oblige à évoluer d’une autre manière que la marche, ladite autre manière n’étant pas considérée tout à fait comme de l’escalade non plus. Autrement dit, si vous avez besoin de vos mains pour avancer, mais que vous vous en sortez sans mousquetons et harnachements en tous genre, c’est du scrambling. Cela étant dit, autant il est aisé de différencier marche et scrambling, autant la limite entre un scrambling difficile et une escalade facile est quelque peu poreuse… Ce qu’il faut garder en tête, c’est que scrambling = s’abstenir en cas de vertige avéré !

Ce qui va venir gâcher un peu la fête en ce jour ne sera pas le scrambling. Je passe le premier mur et me retrouve après plus d’une heure d’ascension sur la ligne de crête en proie à un vent violent… la pluie viendra agrémenter le tout par intermittence. C’est là que, à la vue du chemin qu’il me reste à faire, je me dis que les conditions météorologiques ne sont peut-être pas les meilleures pour ce type d’excursion… quand on est seule. Oui, j’ai fait demi-tour. Oui, ça m’a beaucoup coûté je l’avoue. Mais oui, je sais être raisonnable (j’y retournerai) !!!

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