Road trip aux Etats-Unis #3 // Savannah la belle

Savannah

Deux mois de voyage aux États-Unis… après New York et Washington j’arrive maintenant à Savannah, ancienne colonie britannique de Georgie souvent vantée pour sa beauté et grande rivale de Charleston (que je vais bouder oui, mais il m’a fallu faire un choix !). Savannah, c’est deux jours de (petites) galères mais le souvenir impérissable d’une ville colorée, accueillante et pleine de mystères…

« OÙ DOIT-ON VENIR VOUS CHERCHER ? »

C’est en bus que je me rends à Savannah. J’ai décidé de voyager par ce biais pour tout le début de mon séjour et n’ai loué de voiture qu’à partir de Miami, ma prochaine étape. Le bus c’est long mais c’est plus écologique et économique. J’avais en tête que la côte Est des États-Unis était assez urbanisée pour que ce mode de transport soit suffisamment développé. Et efficace. Et simple. Et ça n’a pas été si facile que ça !

Je vous passe les détails, mais ce n’est seulement qu’après être remontée à New York que j’embarque dans un bus direction Savannah. J’ai opté pour un carrosse de nuit, en low cost… J’aurais dû me méfier !

En plein milieu de la nuit le bus fait un arrêt sur une aire de repos. Autour de nous des stations essence en pagaille et des fast food. C’est tout. Cela a tout d’une pause petit coin. Seulement le conducteur se retourne vers nous et crie le nom d’une ville qui m’échappe et qui visiblement échappe à l’ensemble des passagers. Il faut dire qu’il a un accent assez prononcé. Le conducteur répète son annonce à plusieurs reprises et deux personnes finissent par se lever et descendre du bus. Selon toute vraisemblance, elles sont arrivées à destination.

Je reste perplexe sur ce qui se passe mais qui sait, c’est sûrement normal. Je me rendors. Les arrêts se succèdent et les États aussi. Enfin aux dires du conducteur. Pour moi c’est toujours le même endroit. Une aire de repos, des linéaires incroyables de pompes à essence et des restaurants douteux. Il me faut un certain moment pour réaliser que moi aussi, le bus va finir par me laisser au milieu de nul part… Ah ah… (rire anxieux !) trouver une solution, trouver une solution… je me souviens avoir vu une adresse d’arrivée sur mon billet. J’appelle un taxi pour lui demander de passer me chercher. La personne au bout du fil me demande de rappeler lorsque je serai sur place ; ok…

9 heures du matin. Comme pressenti je me retrouve débarquée sur un parking. Si cela correspond bien à l’adresse du billet, je sais que je ne suis pas loin de Savannah « ville ». Mais je ne peux m’y rendre à pied. Je rappelle mon taxi qui me demande où il doit venir me chercher. Bien entendu l’adresse que j’ai ne correspond à rien de bien concret. En même temps, une aire de repos… Je lui décris ce que j’ai sous les yeux, il n’est pas très aimable, ne comprend pas bien où je peux être (vous êtes sensés être du coin non ?) mais fini par me dire que quelqu’un arrive. Euh, z’êtes sûr ?

DÉCOUVERTE DU QUARTIER HISTORIQUE

Une demi-heure plus tard me voilà (enfin) débarquée dans le quartier historique de Savannah (j’aime quand un plan se déroule sans accroc !) prête à découvrir la ville.

Fondée en 1733 par le général James Edward Oglethorpe et des colons anglais et écossais – bientôt rejoints par des migrants espagnols et portugais fuyant l’Inquisition – Savannah est la plus ancienne des villes de Georgie, 13e et dernière colonie britannique. Plusieurs raisons ont présidé à sa création et en premier lieu la nécessité de contenir la progression des Espagnols installés plus au Sud. Elle devait en effet jouer une rôle de tampon entre les Britanniques, présents en Caroline du Sud, et la couronne d’Espagne, qui contrôlait la Floride.

Je débute ma visite et cela me saute très vite aux yeux : ce n’est plus la même Amérique que celle où je me trouvais les jours précédents. Je suis arrivée dans ce que l’on nomme communément le « Deep South ». Le Sud, c’est un autre climat, un autre rythme de vie ; c’est une autre histoire aussi, intrinsèquement liée à l’esclavagisme et aux grands propriétaires terriens.

Parce que le site y est favorable, c’est d’abord la culture du riz puis celle du coton qui se développent à Savannah. Le besoin en esclaves devient d’autant plus important que les domaines s’accroissent. Le port de Savannah devient l’une des plaques tournantes du commerce triangulaire. Et parce qu’elle a échappé au sort réservé à la toute proche Atlanta durant la guerre de Sécession, la ville est aujourd’hui encore le reflet de ce passé colonial.

LES PARCS DE SAVANNAH

Savannah est dite être la première ville planifiée des États-Unis. Le général Oglethorpe en a lui-même dessiné le plan en 1732, un plan en damier tourné vers la rivière, avec des parcs aménagés à intervalles réguliers. Ce sont notamment ces parcs qui font la particularité – et le charme – de la ville. Il en reste aujourd’hui 22 dans le quartier historique.

Ce sont majoritairement de petits parcs carrés, de même taille que les blocs entre lesquels ils sont disséminés à intervalles réguliers. Les vieux chênes aux longues branches noueuses et tombantes créent des plafonds de verdure. Ils sont de vrais petits cocons, on y entre comme dans des abris ou les cabanes dans lesquelles on se réfugie enfant. En leur centre, une statue, un kiosque, le long des allées, des bancs. M’y poser et regarder la mousse espagnole flotter dans le vent a été l’une de mes occupations favorites pendant ces deux jours.

La mousse espagnole. Elle n’a de mousse que le nom ; elle n’est pas non plus espagnole ! Appelée également « fille de l’air » ou « barbe de vieillard », c’est en fait une Broméliacée, ce qui signifie que cette plante est plus proche de l’ananas que de la mousse ! Dans tous les cas, sa présence ajoute beaucoup à l’ambiance de la ville, qui semble habitée – et je ne parle pas ici de ses 136 000 administrés. Alors que je l’arpente la ville de lourds nuages s’amoncellent au-dessus de ma tête et quand enfin il pleut, la lumière est si faible qu’il fait presque nuit. Les arbres prennent des allures fantomatiques ! Habitée je vous dis…

DE LA COULEUR !

Les arbres sont partout à Savannah, et pas seulement dans les parcs. Les rues en sont bordées. C’est magnifique. A travers leur feuillages, c’est une explosion de couleurs. Les maisons du quartier historique sont élégantes et joyeuses, vêtues de couleurs pastelles et lumineuses. La ville possède encore de nombreuses villas Antebellum – construites avant la Guerre de Sécession – que l’on croirait tout droit sorties de La Couleur pourpre.

Les plus aristocratiques sont élancées, possèdent de magnifiques escaliers, des bow-window ou des toitures de formes complexes. Certaines sont plus modestes, mais sous les porches d’entrée se trouvent des chaises sur lesquelles on se voit aisément s’asseoir pour profiter des derniers rayons de soleil. Des rideaux pendent aux fenêtres et je me mets à imaginer la vie à l’intérieur de ces grandes et belles maisons.

TAXI !

Mon départ de Savannah sera à l’image de mon arrivée ! Durant mon court séjour dans cette ville j’avais résidé chez un jeune couple très sympa qui propose une chambre sur AirBnB. Parfait pour mon petit budget. Leur logement était hors centre-ville mais desservi par un bus en journée.

Seulement c’est à 6 heures du matin que je dois être prête à embarquer à la gare routière en ce dernier matin… Pas de souci, mon taxi est booké, j’ai tout prévu… Plusieurs fois mes hôtes m’ont dit de ne pas me fier aux taxis à Savannah (« utilise Uber, ici, personne ne prend les taxis ! »). Je n’avais pas eu de problème à l’aller, je me disais, naïvement, qu’ils en rajoutaient peut-être un peu.

Dans le doute, et parce que je n’avais reçu aucune confirmation après ma réservation via internet, j’avais donc rappelé la compagnie de taxi, la veille de mon départ, histoire d’assurer le coup… oui, oui, m’avait-on dit, si j’avais réservé via le formulaire en ligne un taxi serait là le lendemain matin. Mouais… le taxi, je l’attends toujours ! Haha ! Je ne remercierai jamais assez mes hôtes, que j’ai réveillés à à peine plus de 5 heures du matin et qui m’ont conduite à destination… sachant que mon bus est parti avec 2h de retard !!!

Donc, histoire de bien enfoncer le clou, surtout, quoiqu’il arrive, dans n’importe quelle situation que vous puissiez vous trouver, quelques soient vos impératifs, à aucun moment, ne vous fiez pas aux taxis à Savannah !!!

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