Road trip aux Etats-Unis #2 // Washington DC

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Automne 2015, je pars pour deux mois aux États-Unis. Après une semaine incroyable passée à courir dans New York (que je vous dévoilais ici) me voilà débarquée pour quelques jours dans la capitale fédérale : Washington DC. Juste « DC » pour pour les locaux… Hormis le fait que l’on y trouve une grande maison très bien gardée ou que l’on peut y croiser un ancien président toujours de marbre, je ne sais rien de ce que me réserve cette ville…

DÉJÀ, COMPRENDRE LA VILLE…

J’arrive dans la ville dans l’après-midi et décide donc de poser mes valises rapidement pour partir explorer les lieux. J’ai réservé dans une auberge de jeunesse qui se trouve au 1009 11th Street NW, ladite « 11th St. NW » se trouvant entre les rues K et L… Euh, je m’étais bien habituée à New York moi, à son quadrillage de rues et avenues numérotées de façon très pragmatique. La 3e avenue se trouve à l’Ouest de la 4e et la 96e rue au Nord de la 95e… Ce que j’ai sous les yeux, là, ça ressemble à première vue à des codes de bataille navale…

Washington a été fondée à la fin du 18e siècle, suite au Residence Act de 1790 qui projetait la création d’une capitale fédérale pour le tout jeune pays qu’étaient alors les États-Unis. Une ville dessinée de toutes pièces sur un plan conçu par l’ingénieur franco-américain Pierre Charles L’Enfant, à partir de rien, pour abriter et incarner le pouvoir central. Un carré, des rues formant un beau quadrillage et des axes obliques ici et là. Au centre de ce projet : le Capitole, siège du pouvoir législatif. Du coup la ville est organisée autour de celui-ci. Il y a quatre secteurs (Nord-Ouest, Nord-Est, Sud-Ouest et Sud-Est) et pour le reste, c’est finalement tout aussi pragmatique qu’à New York. Ouf !

Je me mets en route. Je veux tâter le pouls de la ville alors forcément, c’est vers le National Mall que je me dirige spontanément. Automatisme de touriste. Je me rendrai vite compte qu’il ne bat pas ici.

Mes pas me guident vers le Washington Monument. Avec ses 169 mètres de haut, l’obélisque inaugurée en 1885 est restée le plus haut monument du monde jusqu’à la construction de… la Tour Eiffel (haha !). L’édifice devait dépasser à l’origine les 180 mètres mais cela s’avéra impossible au vu des matériaux et techniques employés.

Qu’à cela ne tienne, situé sur la partie la plus haute du National Mall, le Washington Monument émerge de l’horizon et domine quiconque l’approche. C’est une ode à la nation unie, à sa puissance et son histoire. Pas étonnant qu’il se fasse dézinguer dans la plupart des films catastrophes hollywoodiens !

Le Washington Monument. Un symbole fort. Lorsque j’arrive le soleil se couche derrière lui. Le voir en vrai c’est quelque chose !
Le National Mall. En m’y baladant je tombe sur différentes petites scènes. Les musiciens jouent quasiment seuls. Le public n’est pas vraiment au rendez-vous !
Les mémoriaux à la Seconde Guerre mondiale et à Lincoln au loin. Il y a du monde qui flâne et profite ici des derniers rayons de soleil. Je me demande à ce moment qui sont ces gens. Habitants de la ville ? Touristes ? Sont-ils là pour se recueillir ou profiter de la chaleur de l’été indien ?

Je pars à la recherche de quelque chose à manger pour mon dîner, mais me rends vite compte que trouver une petite supérette va être plus compliqué que prévu. Le centre de Washington est plein de bâtiments administratifs et institutionnels, de boutiques destinées aux touristes et de sandwicheries et restaurants en tous genres. Mais de boui-boui où trouver de quoi se faire à manger, point. Je tente une rue, une autre, trouve une placette et espère. C’est vain. Il est tard. Un sandwich fera l’affaire. Je tenterai de nouveau le lendemain…

Cette première excursion dans le downtown me permet cependant d’apprécier l’architecture de la ville. De larges avenues, des bâtiments de pierre d’inspiration antique qui côtoient de bas immeubles de verre plus récents. C’est massif souvent, ostentatoire parfois, un peu froid, et pas de gratte-ciel. Pas un seul. Le contraste avec New-York est frappant. J’apprendrai plus tard qu’ils y sont interdits (une loi fixe des hauteurs maximales qui dépendent de la largeur de la rue et du sens du vent, je vous épargnerai ici les calculs complexes !).

GEORGETOWN LA COLORÉE

Le lendemain matin, levée aux aurores, je me dirige vers Georgetown, quartier le plus ancien de Washington et pour cause : il s’agit en fait d’une ancienne ville dont la fondation remonte à 1751 par (je me permets de le préciser) des Écossais !!! Elle a même été l’une des principales cités du Maryland, avant que le territoire sur lequel elle se trouve ne soit cédé à l’État Fédéral pour la création du district autonome de Columbia.

Avant d’arriver à Georgetown je m’attarde dans le quartier de Dupont Circle. J’y trouve de grandes maisons aristocratiques. Beaucoup d’ambassades y ont élu domicile.
Fresque sur M Street. C’est l’artère principale de Georgetown. C’est sur celle-ci que le Trolley à chevaux venant de Washington fut installé en 1862, marquant le début de l’incorporation de Georgetown à DC.

C’est sous un soleil radieux que je découvre Georgetown et c’est un régal. Je déambule dans les rues sans but précis. J’avance, tourne à gauche, à droite, emprunte une petite rue résidentielle pour revenir sur un axe plus commercial dans lequel les passants flânent. Ma progression est rythmée par des maisons des 18e et 19e siècles faites de brique ou de bois. Les arbres projettent leurs ombres sur les façades richement colorées.

Au détour d’une rue j’arrive à l’Université, majestueuse, quand ailleurs mes pas me guident jusqu’à un escalier immortalisé dans le film l’Exorciste. Je ne suis plus dans la capitale des États-Unis. Georgetown est un microcosme perdu dans le temps, un monde à part…

Le soleil commence à pointer le bout de son nez (si si !) sur M Street. Euh… je voudrais bien la même !

De la couleur, de la couleur, de la couleur !!! Le Chesapeake and Ohio Canal a été aménagé dans les années 1820 dans le but d’améliorer la navigation sur le Potomac. Il est resté en activité jusqu’en 1924. C’est aujourd’hui une zone de promenade. Ce n’est que bien des heures plus tard que j’arrive sur les rives du Potomac et me redirige vers le centre de Washington. Changement radical. Les rows ont laissé leur place à de grands bâtiments neufs, il y a des restaurants, des gens partout, même sur le fleuve (c’est facile le paddle ? Ça à l’air bien tentant en tout cas !) des bateaux de plaisance sur le quai. Je me retrouve brutalement de nouveau dans une grande ville. J’arrive sur Virginia Avenue… elle est faite pour moi ! Je la suis…

UN PETIT TOUR AU MUSÉE

Il fait très chaud. Trop chaud à mon goût… Je pars me réfugier dans un musée. Washington en est truffé. Et l’accès d’une grande majorité d’entre eux est gratuit, ce qui contraste avec les prix exorbitants des institutions New Yorkaises. Cela est dû à l’existence de la Smithsonian Institution, organisme créé au milieu du 19e siècle par le Congrès Américain sur la base d’une donation. L’histoire est plutôt surprenante, puisque James Smithson – l’homme de qui tout est parti – avait en tête « de fonder à Washington… une institution pour l’accroissement et la diffusion du savoir pour tous les Hommes », sans avoir jamais mis les pieds aux États-Unis !

Malheureusement mon séjour dans la capitale est trop court pour que je puisse profiter de tous ces musées. Il va me falloir faire un choix. Alors j’opte pour l’American Art Museum et le National Portrait Gallery. Je veux en savoir plus sur la manière dont les américains se représentent leur nation. Pour les mêmes raisons, j’irai visiter le National Museum of American History (pas le meilleur, mais très instructif…).

LE LINCOLN MEMORIAL

Ma visite de Washington est un peu découpée, je l’avoue. Je retourne le lendemain matin du côté du centre et des grands monuments. Je souhaite voir le Lincoln Memorial. Si j’y retourne un matin c’est parce que le soleil se couche derrière celui-ci et que l’après-midi toutes mes photos seraient en contre-jour… Oui, je sais… Vu la couche de nuages, le soleil…

Le Mémorial est situé dans la continuité du National Mall. Le temple de marbre dédié au souvenir de l’ancien président se dresse derrière un miroir d’eau. A l’intérieur, une statue monumentale représentant l’ancien président. Colonnade, ordre dorique et sculpture monumentale, le lieu imaginé par Henry Bacon au début du 20e siècle a des airs de temple de Zeus d’Olympie. Ça en jette !

J’AI VU UNE GRANDE MAISON !

Il n’en demeure pas moins qu’il y a un peu trop de monde là-bas. Je m’en vais donc poursuivre mon tour des immanquables de Washington et me dirige vers la résidence présidentielle la plus célèbre du monde (même si je ne suis pas certaine qu’il y ait moins de monde là-bas…) : la Maison Blanche ! Tous les présidents des États-Unis y ont habité, à l’exception de George Washington puisque la capitale fédérale était alors Philadelphie. Il en a par contre décidé de l’architecture, même si le bâtiment a bien évolué depuis.

C’est dimanche et l’Ellipse, grand parc en bordant la façade arrière, est pleine de monde. Je sais qu’il ne s’agit ici pas de touristes. Partout, ça joue au football américain, à ce détail près qu’il n’ y a ni gros casques ni épaulettes. Il n’y a pas de placages non plus. Les joueurs s’attrapent des rubans qui dépassent de leur ceinture. Je reste un bon moment à les regarder. Je n’ai jamais vu un sport où les phases de jeu sont aussi courtes…

Lorsque j’arrive devant les grille de la Maison Blanche je ne suis pas étonnée d’y trouver service de sécurité et de nouveau plein de touristes. Comme tout le monde, ne pouvant entrer dans ce lieu mythique, je me colle aux grilles. Le temps d’en faire le tour et me voilà reparti à vadrouiller dans la ville…

U STREET

Je m’éloigne de nouveau du centre de la ville direction U Street. J’ai faim et hormis les vendeurs de hot-dog et les habituels Starbucks je sais que je ne trouverai rien ici. Je n’ai toujours pas mis la main sur un épicier. Cette ville commence à m’inquiéter. Que mangent les gens ?

U Street, c’est l’un des quartiers animés de la ville, le lieu de naissance de Duke Ellington et historiquement le centre de la culture Afro-Américaine. Le quartier est architecturalement très différent du Downtown. Très diversifié. J’y retrouve des maisons de briques, les bow-windows et les couleurs. C’est vivant. C’est accueillant. Il y a des cafés, des librairies, des petites boutiques de la vie de tous les jours et… une supérette !!!! Oui !!! Et elle est ouverte, pleine à craquer mais peu importe !

Alors oui, je semble faire une fixation sur cette fameuse supérette. Mais cela traduit une réalité frappante à Washington : la ville s’est formée autour d’un immense vide commémoratif ceint lui-même par les lieux du pouvoir, des institutions et de l’administration. Le centre-ville de Washington est vide et froid, il n’est pas vivant. Il faut s’éloigner de celui-ci pour avoir enfin l’impression d’être dans un lieu habité et vécu, un lieu où de « vrais gens » ont leur quotidien. Washington me laisse encore aujourd’hui une drôle d’impression, principalement pour cette raison.

LE CAPITOLE ET LA BIBLIOTHÈQUE DU CONGRÈS

Lundi matin. Avant de partir, et contre toute attente, j’ai réussi un peu au dernier moment à trouver un billet pour visiter le Capitole. Le Capitole, c’est le bâtiment dans lequel siègent les deux assemblées du Congrès américain : la Chambre des représentants et le Sénat. Manque de chance, la coupole, en restauration, est échaffaudée tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. La visite, guidée, est très courte. Mais encore une fois très instructive. S’il y a une différence culturelle majeure entre la France et les États-Unis c’est bien le rapport du peuple au pouvoir et à la patrie. Nous avons fait la Révolution quand les américains ont lutté pour leur indépendance !

Au moment de sortir du Capitole je tombe sur un panneau indiquant la bibliothèque du Congrès. Une bibliothèque ? J’y cours ! Il s’agit aujourd’hui de la importante bibliothèque au monde. La collection regroupe plus de 150 millions d’éléments ! L’édifice que je visite – le Thomas Jefferson Building – date de la fin du 19e siècle et est magnifique. Tous les décors peints ou sculptés ont un rapport avec les arts, la connaissance et l’écrit. La France y est même représentée… en tant que symbole de l’émancipation !

C’est tout pour Washington. Ma prochaine étape est une petite ville de l’état de Géorgie : Savannah…

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