Bénévole sur un festoche #1 // l’entretien

Glasgow International 2016

Peu après mon arrivée à Glasgow, alors que je commençais à compiler toutes les informations qui pourraient m’être utiles pour trouver un job, je tombais sur le site internet du festival Glasgow International – que je connaissais de nom sans avoir jamais pu y participer – et plus précisément sur leur page « opportunities » : ils recherchaient des volontaires pour l’édition de 2016 !

Ni une ni deux, je remplissais le formulaire en ligne sans trop réfléchir à la suite. Une semaine plus tard, je recevais un mail m’invitant à un entretien. Ô joie ! Mon premier entretien ici et… ô désespoir… mon premier entretien en anglais* !!! Aucune raison de paniquer… Après tout, ils avaient seulement spécifié que les volontaires seraient amenés à être en contact avec le public, à répondre à toutes sortes de questions et devaient donc avoir une bonne élocution et – accessoirement – bien connaître Glasgow ! Ah ah ! Non, aucune raison de paniquer (la répétition de cette phrase relève bien entendu de la méthode Coué).

* Pour vous faire une idée précise de ma tête au moment où je réalise ce qui vient de me tomber dessus repensez à ce fameux tableau d’Edvard Munch, Le Cri…

NON, JE NE VAIS PAS ME DÉGONFLER !

Alors oui, je suis venue en Écosse en sachant très bien que les gens, ici, ils ne parlent pas la même langue. Oui, j’avais bien dans l’idée de trouver un travail sur place et non, je ne m’étais pas dit naïvement, en mon for intérieur, qu’un inconnu – s’avérant être le responsable d’une structure culturelle – m’entendrait parler dans un café et, ébloui par ma prestance, me proposerait un travail en rapport avec ma formation, mes qualifications et mon expérience passée, que ce serait un super coup de bol du genre qui n’arrive qu’une fois dans la vie parce qu’on est au bon endroit au bon moment et que l’Écosse c’était évident c’était fait pour moi… Hum !

C’est juste que l’entretien en anglais fait partie de ces choses que l’on voit très bien arriver, mais il n’y a rien à faire, notre ventre nous joue des tours à l’annonce d’une date à venir (enfin le mien en tout cas…) !

LE FESTIVAL GLASGOW INTERNATIONAL C’EST QUOI ?

C’est une biennale d’art contemporain. D’arts visuels plus précisément, ce qui ouvre à un large champ de pratiques comme les arts plastiques, la photographie, les performances… L’édition d’avril prochain sera la septième. C’est l’un des festivals phares de Glasgow avec pas moins de 80 expositions et évènements répartis dans 57 sites de la ville !

Artistes internationaux y rencontrent des artistes locaux, confirmés et émergents ; au programme, expositions individuelles ou collectives et œuvres réalisées spécialement pour l’occasion, avec une belle place faite aux femmes : c’est assez rare pour être souligné. L’évènement fait sens pour Glasgow en tant que ville culturelle, mais aussi au sein du monde de l’art contemporain. J’aurai l’occasion de vous en reparler.

L’ENTRETIEN…

Mon entretien est à 15h. J’ai vérifié l’horaire et l’adresse environ 15 487 fois. Je pars de chez moi en stress : je suis à la bourre. Bien entendu j’arrive à l’heure avec 20 minutes d’avance, alors pour ne pas montrer que je suis en avance, j’attends 10 minutes à l’extérieur, mais pas devant le bâtiment non plus (on pourrait me voir). Non, je ne panique pas du tout !

Je mets à profit le temps que j’ai devant moi pour élaborer une stratégie imparable. Mon plan est simple :

  • Surtout, ne pas les faire répéter. S’ils se rendent compte que je peux ne pas comprendre ce que l’on me raconte je suis cuite. Et je ne suis pas certaine que le « c’est pas faux » de Perceval fonctionne en anglais…
  • Ce qui signifie qu’il me faut comprendre leurs questions du premier coup, tout en évitant de les fixer nerveusement avec la tête de la fille hyper concentrée (du genre qui plisse les yeux, ouvre la bouche et tente de lire sur les lèvres parce que ça, de toute façon, ça n’aide qu’en théorie).
  • Enfin, répondre aux questions dans un anglais sinon parfait du moins intelligible. Disons, répondre aux questions…

14h20. J’entre dans le bâtiment. On me fait asseoir dans un couloir. Cinq minutes plus tard, une jeune fille sort de la salle devant laquelle j’attends avec un grand sourire aux lèvres. Sur le moment je la hais, j’ai envie de lui crier que c’est facile pour elle qui parle anglais ! Mais je me rends vite compte qu’il s’agit probablement d’une étudiante et que si elle a l’anglais, j’ai l’expérience. Alors quand c’est à mon tour d’entrer, je suis hyper sure de moi… du moins pendant les cinq premières secondes.

… ET LA LONGUE ATTENTE D’UNE RÉPONSE.

Je ne sais pas trop ce qui s’est passé. Peut-être que finalement j’ai eu ce super coup de bol du genre qui n’arrive qu’une fois dans la vie parce qu’on est au bon endroit au bon moment et que l’Écosse c’est évident c’est fait pour moi ! Les deux personnes rencontrées ont été super et – c’est mon impression au sortir de l’entretien – on a eu un bon feeling. Il me semble avoir tout compris. Je suis remontée à bloc : c’est sûr, je suis prise !

Bien sûr, mon optimisme ne dure pas deux jours. Parce que oui, il y a un moment où vous vous refaites la scène et là, c’est un enchaînement de réponses stupides qui vous vient à l’esprit (note pour moi-même : arrête d’essayer de faire des blagues en anglais et arrête les blagues en entretien aussi) ! Et si, finalement, mes deux interlocutrices avaient capté ce regard vide que je peux avoir pendant un pas assez bref instant – le temps pour mon cerveau de se souvenir que oui, il est sensé pouvoir interpréter cette langue étrange – et si j’étais totalement à côté de la plaque ?

Pendant les jours qui suivent je me jette sur mon téléphone à chaque bip m’annonçant un mail et c’est à chaque fois la même désillusion. Le vendredi s’achève sans nouvelles. Cela fait une semaine…

LE VOLONTARIAT AU ROYAUME-UNI, C’EST COMME UN VRAI BOULOT !

Le mail arrive au moment où je m’y attends le moins : samedi, 16h00. Il vient de la responsable du volontariat. Je vais le lire plus de fois que nécessaire pour être bien certaine d’en comprendre le contenu. « I would be delighted to have you on the Glasgow International Volunteers team! » Oh p*****, p*****, p***** ! Ça y est, je vais arrêter de glander je vais travailler ! Et surtout, je vais arrêter de me tortiller les doigts en bafouillant honteusement « je viens d’arriver, je cherche un travail » à chaque fois que je rencontre une nouvelle personne, ladite nouvelle personne me posant fatalement à un moment ou à un autre cette fameuse question « et tu fais quoi ? ».

Parce qu’ici, les expériences de volontariat sont considérées comme de réelles expériences professionnelles, qu’elles soient dans votre domaine de compétences ou non d’ailleurs. Elles sont aisément valorisables sur un CV et, en plus de vous apporter de nouvelles qualifications, montrent à votre potentiel futur employeur votre détermination à ne pas vous tourner les pouces (parce que « exploration minutieuse et méthodique du monde qui m’entoure » ça n’est malgré tout pas très vendeur ^^).

La prochaine étape est une réunion de lancement au cours de laquelle je devrais en savoir plus sur ce que je vais avoir à faire, rencontrer l’équipe et les autres bénévoles. Cette réunion a lieu en soirée, dans un bar. Je sens que ça me plaît déjà 😉 ! La suite de cette chouette aventure bientôt !


Glasgow International 2016, ce sera du 8 au 25 avril. Vous trouverez ici toutes les informations relatives au festival. À ne pas louper si vous êtes à Glasgow (ou une très bonne excuse pour venir à Glasgow en avril) !

Ah, et les photos de cet article n’ont rien à voir avec le festival à venir, ce sont d’anciennes photos prises lors de portes ouvertes aux Frigos de Paris, un lieu à découvrir si ce n’est déjà fait !

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