Un mois en Ecosse #1 // les Cairngorms

CAIRNGORMS

Un mois, un bon mois… Je m’étais dit qu’en restant plus longtemps qu’à l’accoutumée, je serais finalement rassasiée d’Écosse. C’est loupé… J’en suis revenue encore une fois avec l’idée fixe d’y retourner ! Ce temps passé sur place m’a permis d’explorer plus en profondeur ce pays ; cela m’a aussi éclairé sur ce qu’il me reste à découvrir.

Je n’avais pas remis les pieds dans les Cairngorms depuis mon premier voyage en Écosse en 2011. Pourtant cette première visite avait été rapide et m’avait laissé une impression d’inachevé. Je ne sais pas pourquoi je n’y suis pas revenue plus tôt. Je les avais enfouis, probablement happée par des reliefs plus occidentaux !

Les Cairngorms m’ont retrouvée alors que je revenais de mon précédent séjour en Écosse, en mai dernier. De passage chez ma meilleure pote à Londres, alors que je laissais mon esprit vagabonder en farfouillant dans les rayonnages de la librairie de voyages Daunt, un livre m’est tombé sur les pieds : The Living Moutain. Voici comment débutait la quatrième de couverture :

« In this masterpiece of nature writing, Nan Shepherd describes her journeys into the Cairngorm moutains of Scotland. There she encounters a world that can be breathtakingly beautiful at times and shockingly harsh at others. »

C’était décidé. Je ne savais pas combien de temps j’y passerais, mais c’est par les Cairngorms que mon séjour débuterait.

Les Cairngorms est la plus importante chaîne de hautes montagnes au Royaume-Uni. Y siègent Ben Macdhui – second plus haut sommet du Royaume-Uni avec ses 1309 mètres d’altitude – ou le mont Cairn Gorm – qui culmine à 1245 mètres. Ce massif résulte en majeure partie de l’érosion d’un plateau granitique lors de la dernière période de glaciation qui s’est achevée il y a environ 13 000 ans. L’ensemble est sillonné par la rivière Dee.

De grandes étendues de bruyère multi-colore alternent avec des forêts de Pins calédoniens et des lochs magnifiques. Ensemble d’exception, les Cairngorms abritent 25% des espèces menacées du Royaume-Uni ainsi des espèces végétales que l’on ne trouve généralement que dans les zones arctiques (cela vous donne un indice quant au climat local !).

C’est à Braemar que j’atterris tout d’abord, après avoir récupéré ma voiture de location à Edimbourg. Braemar, c’est un petit village très touristique qui s’est développé dans la vallée de la Dee, connu pour ses très mondains Highlands Games, où la reine, propriétaire du voisin Balmoral, se rend chaque année. Le village est mignon et l’on y trouve tout ce dont on a besoin pour se restaurer, boire un verre et se renseigner sur les lieux à visiter.

Alors ça faisait quelques temps que ça me trottait dans la tête… Ma tente, un ciel dégagé, une montagne… Ma première nuit dans les Cairngorms je l’ai donc passée en hauteur. Ma façon à moi de fêter mon arrivée en Écosse!

La météo indiquait une nuit claire et une bonne journée à venir. Elle avait omis l’averse (de « seulement » quelques heures…) accompagnée d’un vent que l’altitude accentuait ! Mais le réveil a été à la hauteur de mes espérances :

Je vais rester trois jours sur place, avant de migrer vers la partie nord des Cairngorms. Après avoir flané dans le village et le long de la Dee, je me rends au château de Braemar. Celui-ci est géré par une communauté villageoise regroupant une quarantaine de personnes depuis 2007. Visites, boutique, communication, gestion des travaux de restauration… tout est porté par des bénévoles.

L’ensemble, bâti au 17e siècle par le comte de Mar mais incendié et ruiné jusqu’à ce qu’une branche du clan des Farquharson ne s’y installe au 19e siècle, est assez caractéristique de l’architecture castrale écossaise. Bien entendu, les lieux sont hantés…

La visite guidée qui m’est proposée est faite par une étudiante en archéologie et est réellement intéressante. En même temps, nous ne sommes que deux à la suivre et avons donc la possibilité de poser toutes les questions qui nous passent par la tête. Mais grande ou petite histoire, habitants des lieux, architecture, mobilier, notre guide a toujours des réponses très étayées (sans êtres rébarbatives) à nous donner.

Qui dit séjour dans les Cairngorms dit exploration des sommets, bien entendu. Parmi les Munros et Corbetts de ce côté de la Dee, je m’attaque à Carn Aosda, Carn a’Gheoidh, Cairnwell et Morrone. Ce dernier offre une vue imprenable et à 360° sur Braemar et les Cairngorms.

Cairn et Carn ont ont une même origine Gaélique et signifient « tas de pierre ». Le fait est que, du fait de l’érosion du granite, pierre très dure, les sommets des Cairngorms sont généralement constitués d’amas de pierres.

Les montagnes sont ici plutôt arrondies et faciles d’accès. Marcher suffit à l’ascension (je vous parlerai plus tard de la notion de « scrambling » à l’écossaise…). Par ailleurs peu de risques que je me perde, même lorsque les chemins sont moins marqués : nous sommes en plein été et je ne suis pas seule à randonner. Je le serai très rarement durant tout le mois.

Pas de route partant directement vers le Nord, pour atteindre la seconde moitié du massif je pars donc vers l’Est et Ballater pour ensuite le contourner et y rentrer de nouveau depuis Aviemore. Cette petite ville n’a pas le charme de Braemar. Elle s’est entièrement tournée vers le tourisme et les activités de plein-air. Tout le coin est d’ailleurs très orienté tourisme. Chaque « estate » du Parc national a son visitor centre, son café et sa boutique, son parking payant et son réseau de chemins très bien délimités. C’est difficile de se perdre, au sens figuré et poétique du terme, tant tout y est organisé.

Après quelques jours de temps plus qu’incertain (d’accord, il pleut…) et de courtes balades (je m’adapte !), notamment l’ascension de Meall a Buachaille, j’ai enfin la possibilité de prendre le chemin de Ben Macdhui et de Cairn Gorm, deux des plus hauts sommets du Royaume-Uni. Une boucle de 17km relie les deux montagnes, qui fait passer par d’incroyables paysages, depuis les corries nord de Cairn Gorm jusqu’à des vues incroyables sur Lairig Ghru. La vue que l’on a sur cette passe et la vallée de la Dee depuis le sommet de Ben Macdhui est l’une des plus époustouflantes que j’ai pu découvrir. Clou du spectacle, le temps est assez dégagé pour que depuis Cairn Gorm j’ai vue sur la mer, là où elle entre dans les terres au niveau d’Inverness !

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